Paul, François, Ignace

Barlatier de Mas 1739-1807

Capitaine des Vaisseaux du Roy

Membre de la Société de Cincinnatus   Chevalier de l'Odre de Saint-Louis

Un Modeste Artisan de l’Indépendance Américaine

Avant-Propos   de son arrière petit-fils S.F. Barlatier-de-Mas

Socialement parlant, je traduirais volontiers : « C’est dans les classes moyennes que réside la force des nations. » En dépit des apparences et des déclarations actuellement à la mode, la proposition reste toujours vraie. En matière fiscale, par exemple, quelles sont les caractéristiques de toutes les innovations ? A la base, les exemptions sont prodiguées ; vers le sommet, la progression cesse, sans motif apparent. C’est in médio que porte, presque entièrement, l’effroyable fardeau. Autre point de vue : j’ai lu, je ne sais plus où, mais je suis sûr de les avoir lus, les vers suivants ; s’ils manquent peut-être d’envolée ils disent bien nettement ce qu’ils veulent dire :

                                     Les lois ne sont qu’une barrière vaine,

                                     Car par-dessus les grands passent sans peine

                                     Et les petits, par-dessous

L’auteur a simplement oublié ceux qui sont in médio ; pour eux la barrière n’est pas vaine. Est-il besoin d’insister ?

             Si je ne me trompe, sous l’ancien régime, un des éléments essentiels de cette grande force nationale était la noblesse de province. Pauvre d’argent, parfois, mais riche d’enfants, presque toujours, elle pouvait, sans compter, fournir des hommes au Roi, comme on disait alors, pour certaines fonctions publiques, pour la magistrature, surtout pour former les cadres des armées de terre et de mer. Et combien d’officiers, après avoir servi nombre d’années, sans souci de l’éventualité des plus hauts grades, retournaient à leur famille et à leur terre, modernes et modestes Cincinnatus, satisfaits s’ils avaient pu voir s’épanouir à leur boutonnière la fleur rouge de Saint-Louis.

             Les circonstances ont mis entre mes mains des documents suffisants pour reconstituer l’existence et la physionomie d’un de ces modestes. Il m’a toujours paru qu’il serait intéressant de le faire, d’autant plus que cette existence a été, vers la fin, soumises à de dures épreuves noblement supportées qui rendent la physionomie encore plus sympathique. C’est ainsi que j’ai été amené, depuis longtemps, à former le projet et même à commencer d’écrire la biographie de mon arrière grand-père Paul-François-Ignace Barlatier de Mas, Capitaine de Vaisseau, né en 1739, mort en 1807. Si aujourd’hui, je réalise entièrement mon projet, c’est qu’à mon âge « il ne faut plus remettre », comme dit la chanson ; c’est surtout question d’opportunité.

             De la carrière maritime de mon bisaïeul, le fait le plus marquant a été sa participation à la Guerre d’Indépendance de l’Amérique. Au moment où l’alliance des Etats-Unis nous apporte un si précieux réconfort, tout ce qui se rattache, à la primitive alliance, vieille de quelque cent quarante ans, ne saurait manquer d’éveiller l’intérêt. Et cela suffit pour expliquer l’entrain que j’ai apporté à l’achèvement de mon travail, ainsi que le titre que je lui ai donné.

                                                                        Dijon, le 30 Octobre 1917

                                           Stanislas-Fernand BARLATIER de MAS son arrière petit-fils                                     

                                                          Inspecteur général des Ponts et Chaussées  e.r .